Les biographies de nos invités

Denis Mukwege, Plaidoyer pour la vie, éd. Archipel, 2016, 280p.

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Auteur :

Il opère les femmes violées. une chirurgie réparatrice qui leur rend leur dignité et leur joie de vivre. Ce héros moderne, nommé au prix Nobel de la Paix, mène son combat à ses risques et périls dans un pays rongé par la guerre civile.

Résumé :

Jeune médecin congolais, Denis Mukwege découvre les difficultés rencontrées par les femmes enceintes pour accéder aux soins. Les grossesses se terminent souvent en tragédies. Sa vocation est née : il part étudier la gynécologie obstétrique en France, à Angers.

De retour dans son pays, il s’installe à Lemera, dans les montagnes de l’Est du Congo, pour y dispenser des soins adaptés. Dix ans plus tard, en plein conflit, il fonde l’hôpital de Panzi et y « répare » les femmes victimes de violences sexuelles. Dans cette région, viols et mutilations génitales sont devenus pour les milices des armes de guerre : qui détruit les femmes détruit du même coup la structure familiale, sociale et économique.

En dépit des menaces, Denis Mukwege alerte son gouvernement – qui s’obstine dans le déni – puis la communauté internationale, depuis la tribune des Nations unies en décembre 2006. Comme il le révèle dans cette autobiographie, le Dr Mukwege est toujours en danger et vit sous protection.

Également pasteur, comme l’était son père, il continue à se battre pour les femmes, afin que cessent ces violences insoutenables.

My-kim Yang-paya, Guide juridique des femmes victimes de violences, éd. Alma Editeur, 2016, 125p.

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Auteure :

Avocate associée au cabinet Seban & Associés, membre du Conseil de l’Ordre depuis 2015. Elle est très investit dans la lutte contre les violences faites aux femmes et cofonde l’association Avocats Femmes et Violences en 1997 qui combat toutes les formes de violences dont les femmes peuvent être victimes, sensibilise les magistrats dans le but de faire évoluer la jurisprudence. En 2016 elle publie un Guide juridique des femmes victimes de violences aux éditions Alma.

 Extrait :

Le divorce par consentement mutuel date de 1975, la première campagne d’information sur les violences conjugales remonte à 1989 (plus de 200 000 femmes en sont victimes chaque année en France). Ce n’est qu’au xxie siècle que la nécessité de légiférer pour endiguer les violences physiques, sexuelles ou psychologiques dont sont victimes les femmes dans leurs couples, au travail ou dans leur vie quotidienne a été prise en compte. Depuis tout un train de réformes s’est ajouté dont la plupart sont ignorées ou mal comprises. C’est donc à une nécessité impérieuse qu’obéit la rédaction de ce guide juridique à la fois précis et grand public.
Les deux avocates qui signent ce livre répondent à toutes les questions que la victime, ses proches et l’entourage peuvent se poser. Elles montrent que les femmes qui sont la proie de violences disposent d’armes juridiques pour se défendre. En annexe, un lexique permet de comprendre la terminologie juridique parfois intimidante. Et les coordonnées des principales institutions et associations d’aide aux femmes victimes de violence permettent de savoir à qui s’adresser.

Odile Buisson, Sale temps pour les femmes… Futures mères si vous saviez, éd. JC GAWSEWITCH, 2013, 240p.

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Auteure :

Le docteur Odile Buisson est gynécologue obstétricienne engagée dans la volonté de défendre la spécificité d’une médecine scientifique adaptée à la femme. Régulièrement invitée aux Etats-Unis et en Suisse pour dispenser des conférences, elle est également Board director de l’International Society for the Study of Women’sd Health. Dans la continuité de son engagement en tant que conseillère ordinale départementale à Saint Germain en Laye, elle publie en février 2013 “Sale temps pour les Femmes, Futures mères si vous saviez”, aux éditions Jean – Claude Gawsewitch. Elle y dénonce les dangers d’un grand bon en arrière dans le domaine de la santé des femmes et la libéralisation excessive du secteur médical. Deux éléments cruciaux qui se traduisent par une remise en cause des évolutions acquises pour les femmes durant un demi siècle.

Extrait

Il en va des paniques hormonales comme des fièvres : elles vont et viennent puis finissent par disparaître en laissant un reste de crainte et beaucoup d’évitements. Ainsi, en août 2003, une étude anglaise impute au traitement hormonal de la ménopause un risque majoré de cancer du sein. Immédiatement, les patientes concernées arrêtent leur traitement substitutif. Cette étude est maintenant remise en cause mais le mal est fait pour celles qu’on a affolées dix ans plus tôt.
En 2013, c’est au tour des pilules contraceptives de 3e (et 4 e génération) prescrites depuis 1990 de créer une épouvante même si les 2 millions de Françaises qui les utilisent pour leur bien-être se portent comme un charme. Mais, la plainte d’une jeune femme victime d’un accident vasculaire, imputé à la prise de cette pilule, terrorise les autorités sanitaires qui, déboussolées, sonnent le tocsin et demandent à Bruxelles de restreindre les autorisations de mise sur le marché de ces pilules. Dans un premier temps, l’agence européenne du médicament ne s’en laisse pas compter et ce, malgré les plaintes qui se multiplient en France. Craint-elle une affaire franco-française ? Fin janvier 2013, devant l’insistance politique, le remous médiatique et la contagion de la peur, l’organisme finit par accepter de bien vouloir étudier la question. En clair : «C’est à voir».
En France, la messe est dite et les alarmes des hautes autorités de la santé sont contagieuses. Résultat : à raison de 4 accidents vasculaires pour 10 000 utilisatrices, de nombreuses femmes craignent le caillot fatal et se demandent s’il ne faut pas arrêter cette dangereuse contraception 3e génération. «C’est scandaleux ! La contraception ne doit pas nuire car elle s’adresse à des femmes bien portantes», entend-on alors un peu partout dans les médias. C’est vrai. Pourtant, la banalisation de la contraception fait parfois oublier qu’une pilule a des contre-indications et indications précises, des effets secondaires et adverses, en clair qu’elle est autrement plus puissante qu’un tube de granulés sucrés. Alors ? Les femmes concernées vont-elles céder à la panique et abandonner leur contraception ? Doit-on s’attendre à un pic d’interruptions volontaires de grossesse tel que ce fut le cas en Angleterre suite à un épisode semblable ? Possible… Une chose est sûre : la précipitation des autorités a réveillé la vieille défiance à l’égard des traitements hormonaux et, dans la foulée, celle à l’égard de la médecine conventionnelle supposément acoquinée aux laboratoires pharmaceutiques. Dans un article du Monde en ligne paru le 11 janvier 2013, «Pilule : enquête sur ces médecins liés aux laboratoires», on assiste même à un règlement de compte de professionnels de l’IVG contre certains médecins en vue, décidément bien trop «pro-contraceptifs» ! Notre pays qui pratique le plus d’IVG en Europe a-t-il vraiment besoin de cette contre-publicité ?

 

Claire Léost, Le rêve brisé des workings girls : Comment éviter les pièges, éd. Fayard, 2013,144p.

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L’auteure :

Claire Léost est née en 1976. Diplômée de Sciences Po Paris (1997) et d’HEC (1999), elle est actuellement éditrice de magazines au sein du groupe. Dans son essai Le Rêve brisé des working girls, elle met en lumière la difficulté pour ces femmes talentueuses, plus diplômées que les garçons, de parvenir aux postes de pouvoir.

Elle a débuté sa carrière dans le cabinet de conseil McKinsey et à l’occasion des 15 ans de leur promo HEC (46% de filles, 54% de garçons), Claire Léost constate que sur la trentaine de femmes, une quinzaine ont vu un certain nombre de leurs rêves brisés. « La moitié d’entre nous seulement exerce une fonction dite « à responsabilité ». Les autres attendent une promotion qui ne vient pas ou ont abdiqué toute ambition de faire carrière. Dans le même temps, les hommes ont tous progressé dans la hiérarchie ou créé et revendu leur entreprise ». Face à cette situation, elle ressent un sentiment de « gâchis ».

Le résumé :

Faut-il négocier son premier salaire ? Comment vivre sa grossesse au bureau ? Faut-il être belle pour réussir ? Travailler à temps partiel, est-ce la solution pour tout concilier quand on a des enfants ? Claire Léost répond, d’une plume nerveuse et sans concession, à toutes les questions que se posent les femmes aujourd’hui.
Depuis trente ans, les filles ont plus d’atouts que les garçons à l’école, plus de diplômes et donc plus de chances sur la ligne de départ, et pourtant elles peinent à faire évoluer les statistiques. Pourquoi l’écart de salaire entre hommes et femmes, à poste équivalent, reste-t-il de 30 % chez les cadres supérieurs ? Comment échapper à ce qui ressemble à une fatalité ? 
À travers le parcours de dix jeunes femmes talentueuses, diplômées de grandes écoles, ce livre apporte un éclairage sur les principaux pièges qui attendent les working girls tout au long de leur carrière. Il donne des pistes pour les déjouer et permettre aux femmes de prendre toute leur place : à côté des hommes, et pas en dessous.

Extrait :

« Tu comprends, ma chérie, je suis en pleine ascension, je ne peux pas lever le pied, ce serait mal perçu. Et je gagne plus que toi, donc si je travaille moins, on va y perdre plus d’argent. Et puis, à son âge, notre fille a surtout besoin de sa mère », lui expliqua-t-il.

Il fallut se faire une raison. (…)

Après avoir vécu à deux cents à l’heure, elle découvrait l’épuisante monotonie des squares en hiver, la solitude de la nourrice de fond, les journées qui s’étirent et n’en finissent pas. Son salaire, lui, avait diminué de 40 %. Peu d’espoir que cela s’arrange, car était désormais tatouée sur son front la marque d’infamie des paresseuses : « temps partiel », donc peu impliquée, pas d’avenir. Elle devait endurer les réflexions de ses amies à temps plein : « Tu as beaucoup de chance, j’adorerais faire comme toi si j’en avais les moyens. » Et les soupirs rageurs de son patron quand le mercredi soir elle lui répondait, comme le mercredi d’avant, que non, elle ne serait pas là demain.»